Vivre et combattre en Sarkozie ...

Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 01:39
Par Gitte - Publié dans : Vivre et combattre en Sarkozie ... - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /2009 21:40
Jacques Sapir - Professeur à l’EHESS | Lundi 23 Novembre 2009 Marianne 2


Obsession de longue date de l'UMP, la disparition des humanités dans les classes est à l'ordre du jour. Le ministre de l'éducation nationale devrait annoncer dans les jours qui viennent la suppression de l'histoire et de la géographie comme matières obligatoires dans les classes scientifiques.


On vient d’apprendre que le Ministre de l’Éducation Nationale, M. Luc Chatel, a décidé de supprimer l’Histoire et la Géographie comme matières obligatoires en Terminale Scientifique. Il se propose néanmoins de les maintenir dans un cadre optionnel. Ce nouvel épisode de la réformite aiguë de tout Ministre de l’Éducation Nationale laisse anéanti et scandalisé. Ceci d’autant plus que ce n’est pas trahir un secret que de révéler que le Ministère avait commencé par reculer et par admettre que sa réforme n’était pas fondée, en rétablissant l’Histoire et la Géographie dans le cursus des disciplines obligatoires en Terminale Scientifique.


On peut supposer que les pressions des associations de mathématiciens et de physiciens qui veulent à tout prix conserver à cette terminale son caractère de « pureté » ont dû être très fortes ces derniers jours. Cela aboutit à une décision qui privera plus de la moitié des lycéens de Terminale d’un enseignement tout à fait nécessaire.

Cette question ne concerne pas que les historiens et géographes, même si l’on ne doit pas s’étonner que ces derniers protestent très vigoureusement. Ancien élève de ce que l’on appelle une Terminale Scientifique (une Terminale C en l’occurrence), économiste et spécialiste en recherches stratégiques, je me suis senti personnellement interpellé par cette mesure.

 

Tout le monde peut comprendre, au vu de ce qu’est un lycéen aujourd’hui, et plus particulièrement dans une section scientifique avec une spécialisation renforcée par la réforme, qu’une telle décision va aboutir à la suppression totale de cet enseignement. Très peu nombreux seront les élèves qui prendront une telle option. Nous ne devons donc nourrir aucune illusion. Le caractère démagogique de la mesure est évident dans la mesure où il fait reposer sur les élèves la décision de prendre ou de ne pas prendre les cours d’Histoire et Géographie à un moment où la spécialisation de la filière vient d’être réaffirmée.

 

Alors que, aujourd’hui, plus de 50% des élèves ont choisi la Terminale Scientifique, ceci revient à enlever l’enseignement d’Histoire et Géographie à cette même proportion. Quand bien même on arriverait dans le cours de la réforme à faire baisser ce nombre vers le 35%, ceci resterait absolument inacceptable.

Seul le rétablissement de l’Histoire et de la Géographie dans le cadre de cours obligatoires peut garantir qu’elles seront suivies par les élèves des Terminales Scientifiques.


Il faut alors souligner l’incohérence profonde de cette décision. Elle survient au moment même où, de la commémoration de l’anniversaire de la mort de Guy Môquet au grand débat sur « l’identité nationale », en passant par le projet d’un musée de l’Histoire de France, la question de l’Histoire, mais aussi de la Géographie (car la conscience nationale s’enracine dans des pays et des paysages) occupe une place centrale dans notre pays. Contrairement à d’autres, je ne pense pas que le débat sur l’identité nationale puisse être évité, mais je pense qu’il doit être soigneusement défini pour éviter les dérapages.

 

On se souvient du livre de Fernand Braudel L’Identité de la France, et de la place qu’il donnait à la fois aux paysages, à leur construction sociale, et à l’Histoire dans la production d’un sentiment national. La définition de ce dernier ne saurait renier ce qu’il doit à ces deux disciplines. Dans l’identité nationale, il y a aussi l’histoire des luttes sociales qui permet de comprendre la spécificité de chaque culture politique. Ce n’est pourtant pas à un homme de Gauche que nous devons de nous rappeler de ce que l’histoire du progrès de la civilisation est aussi celle de la lutte des classes. C’est à François Guizot que revient l’honneur de la formule, et Marx lui en avait donné crédit. Que penser d’une histoire qui serait réduite à sa plus simple instantanéité ?

Ou alors, mais on n’ose croire que tel soit le projet du gouvernement, cela reviendrait implicitement à faire reposer ce sentiment national, cette « identité française » sur une couleur de peau ou une religion. Ceci impliquerait pour le coup une rupture absolument radicale avec ce qui fait l’essence même du sentiment national en France.


On peut alors s’interroger sur la logique d’une telle politique qui prétend faire de la conscience nationale une priorité, qui va même jusqu’à créer à cette fin un Ministère de l’Intégration, et qui projette de la retirer en réalité à la moitié des élèves de Terminale. Ce n’est plus de l’incohérence, c’est de la schizophrénie pure et simple.

Quels citoyens voulons-nous pour demain ?

Au-delà, les raisons sont nombreuses qui militent pour le maintien d’un enseignement d’Histoire et de Géographie pour les Terminales Scientifiques.

Dans la formation du citoyen, ces disciplines ont un rôle absolument fondamental. La compréhension du monde contemporain, de ses crises économiques ou géostratégiques, des rapports de force qui se nouent et se dénouent en permanence entre les nations, implique la maîtrise de l’Histoire et de la Géographie. Est-ce à dire que, pour le Ministère de l’Éducation Nationale, les élèves des Terminales Scientifiques sont appelés à être des citoyens de seconde zone ? Est-ce à dire que l’on n’attend plus d’un mathématicien ou d’un physicien qu’il soit aussi un citoyen ?

Ou bien, voudrait-on ici organiser à terme une France à deux vitesses où d’un côté on aurait de grands décideurs dont la science serait au prix de leur conscience, et de l’autre le simple citoyen auquel on pourrait laisser ce savoir si nécessaire car devenu sans objet dans la mesure où ce dit citoyen ne pourrait plus peser sur les décisions politiques ?

Il est vrai que l’on peut s’interroger aujourd’hui devant la réduction, sans cesse croissante, de la démocratie à ses simples formes, qui ont elles-mêmes été bafouées comme on l’a vu pour le vote du référendum de 2005.

Par ailleurs, cette décision est en réalité autodestructrice pour notre économie dont on prétend cependant que l’on veut en pousser l’externalisation. Aujourd’hui, dans les formations de pointe, qu’il s’agisse de Polytechnique (Chaire de management interculturel), des autres Grandes Écoles (École des Mines, École des Ponts et Chaussées) ou des Écoles de commerce et de gestion (HEC, ESSEC, SupdeCo, etc…), qui toutes impliquent de la part de l’étudiant une Terminale Scientifique, l’accent est mis sur la compréhension du monde contemporain. Ceci nécessite une formation de base en Géographie (humaine, économique et géopolitique) mais aussi une formation en Histoire afin de fournir les bases de compréhension des évolutions du monde contemporain. 

Ceci correspond à une demande spécifique des entreprises françaises qui sont de plus en plus engagées dans un processus d’internationalisation de leurs activités
. Qu’il s’agisse de la question des contrats, ou encore du développement d’activités à l’expatriation, la connaissance des fondements historiques, géographiques et culturels de ces sociétés, qui pour certaines sont très différentes de la nôtre, est absolument indispensable. L’absence de ces disciplines, ou la réduction de leurs horaires à la portion congrue, défavoriseraient considérablement ceux des élèves de Terminale Scientifique qui ne veulent pas s’orienter vers des activités strictement en liaison avec les sciences de la nature.

L'économie a besoin de profondeur

Moi-même, en tant qu’économiste, je ne cesse de mesurer ce que ma discipline doit à l’Histoire (pour l’histoire des crises économiques mais aussi des grandes institutions sociales et politiques dans lesquelles l’activité économique est insérée) mais aussi à la Géographie avec son étude des milieux naturels et humains, des phénomènes de densité tant démographique que sociale. Comment peut-on penser la crise actuelle sans la mémoire des crises précédentes ? Comment peut-on penser le développement de l’économie russe hors de tout contexte, comme si ce pays n’avait pas sa spécificité de par son histoire mais aussi de par son territoire ? Nous savons bien que les processus économiques ne sont pas les mêmes dans les capitales, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, et dans les régions.

Pourtant, j’ai fait ma scolarité dans ce que l’on appelait à l’époque une Terminale C, et je ne regrette pas les mathématiques et la physique, qui m’ont été nécessaires justement pour faire de l’économie, pour me frotter à la modélisation, et en mesurer la force mais aussi les limites. Pour dire les choses simplement, si l’on trouve bien en économie des régularités, qui permettent le calcul, ces dernières ne sont que temporaires et en réalité elles n’ont de pertinence que dans un cadre institutionnel précis. Que ce cadre change, et ces régularités changeront aussi.

L’économie ne sera jamais une science construite sur le modèle des sciences de la nature, comme les mathématiques ou la physique ou encore la mécanique. La raison fondamentale est que l’économie, activité humaine, dépend par trop de la subjectivité des acteurs et que cette subjectivité change suivant les contextes mais aussi suivant les changements dans la structure de la « dotation en facteur » que l’on reconnaît à chaque agent.


Michal Kalecki, un grand économiste polonais, disait qu’il y avait deux erreurs qu’un économiste pouvait un jour commettre. La première était de ne pas calculer, et la seconde était de croire en ce qu’il avait calculé ! Ceci me semble bien résumer la double nature de la science économique. Les calculs que l’on peut faire n’ont de pertinence que temporaire et limité, pour tout dire contextuelle. Mais cela ne veut pas dire que dans un contexte donné ils n’aient pas de pertinence.

On voit donc bien que si l’Économie n’est pas bien sûr le simple prolongement de l’Histoire et de la Géographie, elle perd toute pertinence à ne pas se nourrir à ces deux disciplines, et ceci de plus sans que cela soit exclusif d’autres (comme l’Anthropologie ou la Sociologie). L’économie est donc fondamentalement une science sociale, mais une science sociale impliquant le recours étendu à des calculs comme instruments et cela sans que jamais on puisse cependant y voir une « nature » propre de l’économie. À ce titre, ceux qui prétendent vouloir trouver dans les mathématiques la clé de la scientificité de la science économique errent gravement, à la fois en tant qu’économistes et en tant qu’épistémologues.

Il faut donc arrêter cette mesure avant qu’il ne soit trop tard, et pour cela susciter le mouvement de protestation le plus important et le plus large possible. Le Ministère doit impérativement réintégrer l’Histoire et la Géographie parmi les matières obligatoires en Terminale Scientifique !



http://www.marianne2.fr/Exclusif-Chatel-veut-supprimer-l-histoire-geo-en-terminale-S_a182876.html
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 14:16
Par Pierre Haski | Rue89 | 

Dessin de Mykaia

En partenariat avec l'INACela menaçait de devenir la grande polémique politico-intellectuelle des prochains mois : c'est peu dire que le projet prêté à Nicolas Sarkozy de transférer les restes d'Albert Camus au Panthéon commençait à faire des vagues. Plus parce que c'est Sarkozy que parce que c'est Camus. Jean Camus, le fils de l'écrivain, y a mis fin samedi en s'opposant au transfert des restes de son père au Panthéon.


Selon Le Monde,
Jean Camus estimerait qu'une telle décision serait un « contresens » sur la vie de l'auteur de « L'Homme révolté ». Il craindrait une « récupération » de son père par le chef de l'Etat. L'autre enfant de l'écrivain, Catherine Camus, s'est de son côté montrée plus partagée, face à une question qui la « dépasse ».


Ce n'était jusque-là qu'un projet, confirmé par le président lui-même :

« C'est vrai que j'ai pensé que ce serait un choix particulièrement pertinent que de le faire entrer au Panthéon ».

 
« On s'apprête à rebarbouiller l'icône. Camus n'est ni exemplaire, ni edifiant »

On voyait cependant monter les termes de la polémique. Dans un passionnant entretien à Josyane Savigneau dans Le Monde daté du 20 novembre, Olivier Todd, biographe d'Albert Camus, a sonné la première charge :

« Ces mois-ci, on s'apprête à rebarbouiller l'icône. Les prétoriens intellectuels récupérateurs de l'Elysée lancent la grande manoeuvre pour, figurez-vous, je vous le jure, le “panthéoniser” ! Camus n'est ni exemplaire ni édifiant. Il permet de réfléchir. Qu'on le lise au lieu de débiter des généralités sans comprendre son parcours. »

 
Sur Bibliobs.com, un autre auteur qui s'est beaucoup intéressé à l'oeuvre de Camus, Jean-Yves Guérin, qui vient de diriger un important « Dictionnaire Albert Camus » (coll. Bouquins), s'insurge lui aussi contre cette idée :

« S'il est une personnalité qui mériterait de reposer au Panthéon, c'est bien l'écrivain, le penseur, le citoyen qu'est Camus. Mais pas du Panthéon que nous connaissons, d'un Panthéon idéal où il rejoindrait non seulement Zola, Jaurès et Malraux, mais aussi de Gaulle, Mendès France, Manouchian, Baudelaire, Proust, Beckett…

 
Camus avait choisi d'être enterré à Lourmarin, dans le village qui l'avait accueilli, loin de Paris, de ses palais et de ses élites. Qu'on l'y laisse. »  

Une extension du domaine de l'« ouverture » à gauche aux morts ?

Le mot est lâché : « récupération ». S'agit-il d'une extension du domaine de l'« ouverture » aux morts ? Camus, après le résistant communiste Guy Môquet dont Sarkozy fait lire la lettre chaque année dans les écoles au grand dam de certains profs ?


Ou s'agit-il simplement d'un hommage légitime de la nation à l'un de ses fils brillants, fut-il de gauche, que le Panthéon est justement censé honorer ?

L'expérience des deux ans et demi écoulés de l'ère Sarkozy pousse évidemment à la première hypothèse, même si le chef de l'Etat revendique une bonne connaissance de l'oeuvre de Camus.

Bien avant cette idée de « panthéonisation », il avait organisé en 2007 un déjeuner à l'Elysée à l'occasion du 50e anniversaire du prix Nobel de littérature reçu par Albert Camus, en présence de la fille de l'écrivain et de plusieurs écrivains dont justement Olivier Todd qui s'insurge aujourd'hui contre ce projet. A l'époque, Sarkozy avait déclaré :

« Grâce à Albert Camus, j'ai la nostalgie, chaque fois que je vais en Algérie, de ne pas être né en Afrique du Nord… »

Un intellectuel plus vigilant et plus cohérent que Sartre

Le calcul de l'Elysée, dans ce projet de cérémonie au Panthéon, est évidemment de jour sur l'image consensuelle qui entoure désormais Albert Camus, paré de toutes les vertus, notamment celles d'avoir été plus vigilant et cohérent que Jean-Paul Sartre sur tous les enjeux intellectuels et politiques de l'après-guerre, le communisme ou la guerre d'Algérie.


Même si la réalité est un peu plus complexe, comme le montre très bien Olivier Todd, pourtant plus « camusien » que « sartrien »,
dans l'entretien du Monde déjà cité.

A un moment où il n'y a guère de consensus autour du Président, pas non plus de vrai « projet de civilisation » dans cette France et ce monde en crise, faire appel à un intellectuel devenu mythique peut aider… le président ? A voir.


Il reste le petit bout de la lorgnette, celui qui, hélas, a conduit à de nombreux choix présidentiels dans l'« ouverture » depuis deux ans et demi, le plaisir d'affaiblir un peu plus le camp opposé, soit en lui prenant quelques personnalités qui acceptent le « transfert » comme au foot, à l'image de Bernard Kouchner, soit en lui prenant « ses » grands morts, comme Guy Môquet.

« Appartenez-vous encore à la gauche ? » « Oui, malgré elle et malgré moi. »

Albert Camus, rappelle Olivier Todd dans Le Monde, s'est toujours revendiqué à sa manière de la gauche. Todd rappelle cet échange avec l'écrivain :

« M. Camus, appartenez-vous encore à la gauche ? » « Oui, malgré elle et malgré moi. »

 
Et Todd de conclure : « D'actualité, non ? »

Au bout du compte, vous n'aurez pas à frémir en entendant Nicolas Sarkozy emprunter des accents à la Malraux pour dire un jour prochain :

« Entre ici Albert Camus »…

Pour imaginer la scène, je ne peux m'empêcher de vous offrir ce grand moment que fut justement le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon, le 19 décembre 1964, avec les paroles restées célèbres d'André Malraux


Rue89.fr

Par Gitte - Publié dans : Vivre et combattre en Sarkozie ... - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /2009 16:54
Marianne 2 - Cédric Omet | Lundi 04 Mai 2009 à 13:00 | link

La violence sociale explose, le gouvernement légifère et les patrons font la manche. Heures sup', RSA, Plan Jeunes, prêts aux banques et travail le dimanche : retour sur six milliards de subventions au patronat!

Les heures sup’ exonérées de charges sociales !

(photo : vincent gautier - http://blog.vincent-photo.com/)

(photo : vincent gautier - http://blog.vincent-photo.com/)

Faciliter le recours aux heures supplémentaires, une loi à l’image du slogan  sarkoziste : « Travaillez plus pour gagner plus !». Une façon de récompenser des « volontaires » souhaitant arrondir leur fin de mois. Quoi de plus naturel quand on est sous-payé ? Un carton assuré se murmurait-on dans les rangs de l’assemblée. Et les godillots ont fini par voter l’allègement des cotisations sociales pour les patrons qui voudraient recourir aux heures sup’.


Mais comme le précisait déjà un rapport du Conseil d’Analyse Economique  « un inconvénient majeur de ce type de mesure est qu’il risque de favoriser des comportements « opportunistes ». Ainsi, un employeur et son salarié peuvent conjointement gagner à abaisser (ou à ne pas augmenter) le taux de salaire des heures normales et à déclarer fictivement des heures supplémentaires (ce qui est très difficilement contrôlable) afin de bénéficier des avantages fiscaux. ».

Votée dans la précipitation en août 2007, les inquiétudes se sont vérifiées à l’épreuve des faits. Cette mesure aurait détruit 90 000 emplois . Elle aurait entraîné une hausse de 12% des heures sup’ pour les entreprises de plus de 10 salariés, celles qui embauchent le plus en temps normal et qui, étrangement, n’ont pas embauché cette année. C’est indéniable, plus d’heures sup’ s’est traduit par plus de chômeurs ! Pour la modique somme de… 4,1 milliards d'euros rien que pour les exonérations de cotisations sociales !


Le RSA qui subventionne l'emploi précaire

Un Revenu de Solidarité Active pour permettre aux exclus du système de se réinsérer et de reprendre goût au travail, c’était l’idée géniale de Martin Hirsh ès Haut-Commissaire d’Etat à tout ce dont les autres ne semblent pas vouloir s’affairer… Un RSA présenté comme une mesure qui mettrait fin à la politique d’assistanat de ceux qui vivent avec 498 euros par mois. Ils n'auraient qu'à bien se tenir les pauvres ! Résultat, une réforme au rabais qui va profiter… aux patrons. La preuve ? Tous les bénéficiaires du RSA qui retrouveront un emploi à temps partiel auront un complément de salaire… ad vitam eternam  ! Pour les entreprises, c'est une incitation évidence à recourir aux emplois précaires et à faire peser le reste du salaire à l’ensemble de la société. Une façon dissimulée d’alourdir le budget de l’Etat et de diminuer la charge des patrons qui pourront se servir du RSA comme une variable d’ajustement du salaire. Coût de cette subvention globale à l’emploi précaire : 1,7 milliard.


Encore moins de charges et plus de précarité

Côté emplois jeunes, nous avons à présent les nouvelles exonérations de cotisations sociales aux patrons qui embaucheront un apprenti. Après les « boîtes à stagiaires », qui profitent d’une main d’œuvre sous-payée, avec des stagiaires qui, rappelons-le, ne cotisent que de façon incomplète et ne sont pas reconnus dans leur travail, voici venir poindre à l’horizon les « boîtes à apprentis ». Des exonérations justifiées, donc, pour la modique somme de 100 millions d’euros. On comprend mieux pourquoi il fallait que l’emploi des jeunes de moins de 25 ans soit présenté comme catastrophique...

Les patrons de banques infantilisés

Les banques sont au bord du gouffre. Leurs patrons ont joué aux gloutons pendant des années et le gouvernement a décidé de leur accorder des prêts, donc de faire peser les risques du refinancement des banques sur l’ensemble des citoyens : encore une mesure d’assistance pour des patrons en détresse. Avec ce système, les patrons désertent leurs responsabilités et l’Etat se substitue à eux, mais uniquement sur les risques et pas du tout sur les profits à venir. A l'inverse, la nationalisation des banques aurait permis à l’Etat de préserver ses intérêts  et de garder un contrôle relatif sur la gestion.  


Le travail du dimanche ferait perdre des emplois

Non content de toute la panoplie gouvernementale déjà déployée pour assister les patrons, le ministre du travail a proposé sa mesure spéciale  « 1er mai » : le travail du dimanche. Il parle ainsi de « la liberté de concilier ce jour-là, vie familiale ou amicale, et travail. ». 

En période de crise, alors que le pouvoir d’achat est au plus bas, les salariés n’auront aucune « liberté » de choisir entre leur vie familiale et le travail. Ils choisiront le portefeuille, c’est sûr. Mais pour M. Hortefeux et ses amis les patrons, plus de flexibilité vaut mieux qu’une revalorisation des salaires les plus bas ou qu'une limitation des salaires les plus élevés. Des mesures plus justes socialement mais bien moins populaires du côté du Medef. Quant aux gains d’une telle mesure, ils seraient très relatifs voire inexistants, comme en témoignent de récentes études comme celle menée par le Credoc.


Pire, les embauches au sein des grandes entreprises, par un effet de « cannibalisation », entraîneraient des destructions d’emplois plus importantes dans les petites entreprises. Ainsi, les 5 à 10 000 embauches promises par le secrétaire d'Etat Laurent Wauquiez  sont strictes mensonges. D’une part, ces chiffres ne sont pas justifiés par une quelconque étude, d’autre part, il s’agirait au contraire de la destruction de 5 à 10 000 emplois. Une mesure de plus pour assister les grands patrons aux dépens des autres. Avec comme conséquence, un coût financier et humain toujours plus important à faire peser sur le dos de tous et au profit de quelques uns.    


Au total, les compères Lagarde, Hirsh, Hortefeux et Wauquiez sont donc créditeurs de près de 6 milliards de mesures d’assistance patronale. A croire que l’assistanat des patrons est devenu la norme au gouvernement.


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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /2009 16:16

Par Emmanuel Berretta

Plenel en appelle aux dons pour payer les avocats de Mediapart

Edwy Plenel, le président-fondateur du site d'information Mediapart © IBO/SIPA



Dans une longue tribune, Edwy Plenel, le président-fondateur du site d'information Mediapart, en appelle à la générosité publique pour couvrir les frais de justice du site engagé dans de nombreux procès contre les Caisses d'Épargne.

 

Ce sont, au total, une dizaine de plaintes en diffamation dont Mediapart fait l'objet de la part de l'ancienne direction des Caisses d'Épargne. L'audience aura lieu le 26 mai. S'en ajoute une autre, celle du nouveau patron, François Pérol, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, qui juge diffamatoire l'article dans lequel Mediapart mettait en cause la légalité de sa nomination. Cette audience se tiendra le 12 mai devant le tribunal correctionnel de Paris.

"Inspiré par l'Élysée, ce rouleau compresseur judiciaire vise à affaiblir un journal indépendant et, à travers lui, à impressionner toute la profession", écrit Edwy Plenel, qui admet que ces procès, "leurs incertitudes" et "leurs lenteurs" sont un risque financier pour Mediapart. Plusieurs dizaines de milliers d'euros "au bas mot" seront nécessaires pour faire face aux frais de justice. Comme de juste, Mediapart a lancé une pétition et annonce 77 signatures dont celles de François Bayrou, Martine Aubry, Ségolène Royal, Olivier Besancenot, François Hollande, Daniel Cohn-Bendit, Laurent Fabius, José Bové, Benoît Hamon, Éva Joly. Dominique de Villepin, pour sa part, a adressé un mot de soutien au site internet. L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac s'élève "contre toute procédure qui pourrait limiter ce devoir d'information, nécessaire à toute démocratie".

Jean-Pierre Mignard, l'avocat de Ségolène Royal, est aussi celui de Mediapart. Le site internet a été lancé le 16 mars 2008. Edwy Plenel y a investi personnellement 550.000 euros. Un premier tour de table lui a permis de réunir un capital de 2,9 millions d'euros. Il compte parmi ses principaux soutiens financiers, Jean-Louis Bouchard de la société Ecofinance, Thierry Wilhelm, à travers la société Doxa, ou encore Xavier Niel, le fondateur de Free.

 

 

 

Source : Le Point.

 

 

 

 

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