Lundi 2 novembre 2009
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Presque sans écho en France, une étude de la réserve fédérale américaine révèle que le taux de prêts hypothécaires subprimes a retrouvé son niveau de 2006.
Sauf que cette fois-ci, pas de banque à mettre en faillite en cas de crise : les Etats vont trinquer direct !
Londres, Washington,
Pittsburgh... La réforme du capitalisme a failli marcher ! Quelques semaines durant, le grand public en aurait presque oublié la fâcheuse affaire des
subprimes et
de ces prolétaires américains dont les prêts hypothécaires, impossibles à rembourser, avaient plongé la finance et l'économie mondiale dans le chaos. Raté !
« La part des emprunteurs avec un score de crédit de moins de 660 est revenue juste au-dessus de 20%,
annonçait il y a une semaine John Krainer, économiste de la réserve fédérale de San
Francisco,
la même que lors du pic de la titrisation subprime en 2006. » Le score FICO de 660, c'est la barrière entre l'emprunteur solvable et le subprime. Le pic de 2006, c'est
celui qui a causé, un an plus tard, l'effondrement du système financier américain. Et nous y revoilà !
Crise du crédit + assurance des Etats = retour à la case départ
Le rapport de cet économiste est formel : début 2008, le taux de prêt subprime avait approché 0. Une situation qui a mené à la chute des maisons Lehmann Brothers, Citigroup, etc. Et à la
crise de Wall Street. Le climat de méfiance a alors fortement restreint l'offre de crédit, causant un « credit crunch » face auquel le marché de l'immobilier américain s'est
effondré.
Quelques mois plus tard seulement, les prêts subprimes ont redémarré. Oh certes, plus modestement : les ménages américains étant devenus aussi méfiants que les banques mais juste assez
pour constituer 20% des prêts. Des prêts qui, contrairement à l'avant-crise, où les banques jouaient avec leurs propres fonds, sont désormais assurés par trois organismes para-publics :
Fannie Mae, Freddie Mac and Ginnie Mae.
Immobilier commercial : une crise parallèle
La
« conversion de la dette privée en dette publique »,
théorisée par Jean-Michel Quatrepoint, a atteint
son point critique : si les mêmes foyers subprimes se révélaient insolvables, l'Etat fédéral américain devrait lui-même encaisser le choc. Difficile à gérer alors que l'administration Obama
est si endettée qu'elle doit emprunter 50 cents pour chaque dollar qu'elle dépense.
Et les régulateurs américains ont déjà bien assez de soucis en matière immobilière : vendredi 30 octobre,
la Réserve fédéral et trois autres agences publiques tiraient la sonnette
d'alarme sur les prêts pour l'immobilier commercial, invitant les banques à renégocier
« au plus prudent ». Les défauts de paiement ayant atteint un seuil critique la
semaine précédente, ces institutions se sont inquiétées du sort des petits établissements bancaires qui concentrent une grande part des prêts commerciaux et pourraient souffrir de la crise
économique qui entraine chômage, perte de bénéfice et faillites commerciales en série. En juin dernier, l'immobilier commercial représentait 1000 milliards de dollars, soit 14,2% de l'encours
de prêt bancaire aux Etats-Unis.
Selon Reuters, la valeur de l'immobilier commercial a chuté de 35 à 40%
depuis 2007.
Silence de la presse française sur le risque d'une nouvelle crise...
Une conjonction de signaux si inquiétantes que la presse française... n'en a pas parlé ! A l'exception notable du
Figaro ou du
Journal du dimanche,
ou de sites spécialisés comme
Boursier.com, le rapport de John Krainer sur les subprimes
et les mises en garde sur l'immobilier commercial ne sont presque pas traités dans nos médias. Pourtant, même les plus libéraux reconnaissent les risques :
« les Etats et les banques
centrales [ont été] transformés en gigantesques hedge fund »,
mettait ainsi en garde Nicolas Baverez au très américanophile
dîner de l'Atlantique jeudi 29 octobre.
Pendant ce temps, les maisons se vendent aux Etats-Unis, à grands coups de prêts à des foyers insolvables. Sauf que, cette fois-ci, on ne pourra pas dire que nous n'avions pas été
prévenus !
Sylvain Lapoix - Marianne | Lundi 2 Novembre 2009
Par Fred Anzin
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Publié dans : Ségolène Royal
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