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NOUVELOBS.COM | 26.11.2009 | 11:29
Certains militants socialistes dénoncent le non-respect de la présomption d'innocence pour Julien Dray. La décision de l'écarter de la liste pour les
régionales provoque un malaise au sein du parti.
Crédit photo : SIPA
L'absence de Julien Dray, vice-président sortant de l'Ile-de-France, de la liste socialiste pour les régionales, a provoqué des
remous au PS mercredi 25 novembre. Au sein du Parti, certains dénoncent le non-respect de la présomption d'innocence pour cet élu, au centre d'une enquête judiciaire.
La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a jugé que la fédération de l'Essonne avait pris une "décision de bon sens" concernant Julien Dray en lui réservant une place sur sa
liste aux régionales en attendant que la justice tranche sur l'enquête le concernant.
Après Vincent Peillon, André Vallini et Jack Lang, plusieurs socialistes sont montés au créneau pour défendre leur ami.
Valls croit à la présomption d'innocence
Le député de l'Essonne Manuel Valls a déploré que son collègue au Parlement ait été écarté de la liste de ce département, estimant que cette question aurait dû être
"réglée" au niveau national et non par la fédération.
Manuel Valls croit "à la présomption d'innocence" et fait valoir que Julien Dray a fait "un formidable boulot à la région". Selon lui, "il n'y avait pas malheureusement de majorité parmi les
socialistes de l'Essonne pour permettre à Julien Dray d'être tête de liste".
C'est le suppléant au Parlement de Manuel Valls, Carlos Da Silva, premier secrétaire fédéral de l'Essonne, qui a été désigné comme tête de liste, mais "se retirera" si Julien Dray peut finalement
se présenter, s'il est "en situation de ne pas dépendre du calendrier judiciaire".
"Une grave dérive"
Autre soutien, le sénateur-maire François Rebsamen. Animateur du courant L'Espoir à gauche auquel appartient Julien Dray, il critique "un précédent
dangereux". Si cette décision faisait jurisprudence, fait-il valoir, "cela signifierait qu'à l'avenir, une simple dénonciation entraînant une enquête préliminaire, pourrait
empêcher la candidature de n'importe quel élu".
"A cette date, Julien Dray ne fait l'objet d'aucune mise en examen, ni condamnation", dit François Rebsamen fustigeant une "grave dérive".
La désignation d'un autre socialiste est faite "pour bloquer Dray. On est content de se débarrasser d'un empêcheur de tourner en rond", commente un cadre du PS.
Après le vote des militants le 3 décembre, le Conseil national (Parlement) du PS devrait valider les listes régionales le 12 décembre. "Il faut un avenant spécifique à l'Essonne pour que le CN
donne pouvoir au BN pour statuer sur le changement", estime un socialiste.
Pour un autre, jusqu'au dépôt de liste en préfecture, le 15 février, un changement peut intervenir.
Une figure du PS
Julien Dray, "Juju", est une figure du PS, qui avait rallié Ségolène Royal à la présidentielle de 2007.
Le co-fondateur de SOS Racisme est visé par une enquête préliminaire sur des mouvements de fonds suspects à partir de comptes de l'association Les Parrains de SOS Racisme et de l'organisation
lycéenne Fidl.
Depuis que l'affaire a été révélée en décembre 2008, le PS est mal à l'aise.
Arguant de simples prêts qu'il a remboursés, le député assure n'avoir bénéficié d'aucun enrichissement personnel. Il a dénoncé un "lynchage médiatique".
Le parquet a ordonné jeudi un complément d'enquête.
A quatre mois des régionales, l'UMP s'est emparée de cette décision "paradoxale". Rama Yade et Frédéric Valletoux, porte-parole de la chef de file UMP en Ile-de-France Valérie Pécresse, ironisent à
propos de Jean-Paul Huchon. Il "fait preuve d'une bien curieuse conception, à géométrie variable, de l'action politique et de la justice", disent-ils, en rappelant que le président francilien,
candidat à sa réélection, a été condamné, en 2007 pour prise illégale d'intérêts.
(Nouvelobs.com)
Par Gitte
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Publié dans : Parti Socialiste & PSE
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